En tout hétérosexuel moyen sommeille un monstre de cruauté.
Ne soyez pas cruels sans le savoir : lisez ces quelques lignes.
Nous sommes face à un fléau contemporain : l’incompréhension totale de la population hétérosexuelle (même gay-friendly) d’une autre partie de la population, j’ai nommé la population homosexuelle.
Un fantasme hétérosexuel fort répandu veut que l’hétérosexuel moyen soit capable d’un seul regard de jauger de l’orientation sexuelle des personnes qui l’entourent. « Non, mais celui-ci, il est hétéro ».
- Pourquoi sauriez-vous mieux que moi (voire que lui) si tel ou tel est hétéro ou homo alors qu’on le connait autant l’un que l’autre ? (Peut-être vous, mesdames, vous rassure-t-il d’affirmer l’hétérosexualité de votre dernière cible. Il vous plait. Comment diable pourrait-il n’être en aucun cas intéressé par vous?)
- Un mec qui parle de filles avec ses potes n’est pas forcément hétéro. Tous les homos passent par là, ayant trop peur de se dévoiler, et les bis peuvent en effet parler de filles en étant sincères, sans pour autant ne porter aucun intérêt aux garçons. Merci de respecter l’existence des bis.
- Même si vous êtes effectivement certain que l’individu n’a même pas la moindre tendance bi-curieuse, rien ne vous empêche de le garder pour vous. Je m’explique : lorsqu’un homme plait à un homo, il y a plus de 9 chances sur 10 qu’il soit effectivement hétéro. L’homo moyen le sait bien, a part s’il est né sur gay-island (ce qui ne s’est encore jamais vu). Le mec, il a déjà les boules, vous voyez ? Pas la peine de lui enfoncer le nez dans sa propre merde, il est bien capable de le faire tout seul.
De plus, on dit que « l’espoir fait vivre ». Laissez le mec rêver un peu. Personnellement, je ne demande que ça. Briser une bulle qui nous permet de vivre, c’est juste cruel. C’est pour ça que depuis un moment, je refuse de parler à qui que ce soit des personnes qui me plaisent, de peur de me heurter à l’éternel et condescendant « non, mais laisse tomber, il est hétéro, c’est évident » (remarque qui arrive même si je ne révèle pas de qui il s’agit, lorsque l’autre commence à énumérer les possibilités en liant à chacune cette remarque prévenante et amicale. Heu, c’est quoi, ça, sinon me tendre une corde pour que j’aille me pendre… ?). Les homos ne passent pas leur temps à vous assurer que tel ou tel est homo parce que l’idée leur plait. Soyez un peu fair-play, et laissez-nous tranquilles, quitte à garder pour vous l’idée que vous aimeriez projeter sur les gens. Ils sont libres de faire ce qu’ils veulent, que vous les pensiez hétéros, bis, homos ou asexuels.
Autre chose, le semblant d’empathie/de pitié « ça doit être dur d’être homo »… Gardez-le aussi.
- ça donne l’impression que vous nous narguez, c’est pas méga-sympa.
- Oui, en effet, c’est dur d’être homo, surtout quand une bande d’hétéros pas si gay-friendly viennent réduire vos minces espoirs à néant avec un discours démotivant et souvent infondé.
Dernière chose : les conseils en mode « tu devrais faire ça, je vois pas pourquoi tu l’as pas déjà fait » ou encore « vas vivre avec des homos, comme ça tu trouveras quelqu’un ».
- Bah voilà la solution ! Déménager à gay-island. Merci du tuyau.
- C’est pas parce qu’on voit des gays plus souvent qu’il ne nous arrivera pas d’être attirés par des gens dont on ignore l’orientation sexuelle. Aller vivre à gay Island pour travailler et se construire un cercle social dans le monde réel, bah au final on est pas isolés des hétérosexuels attirants.
- Mesdames, avouez que ça vous rassure de savoir qu’il n’y a de gays que dans les milieux réputés pour l’être (d’ailleurs, vous envoyez ceux de votre connaissance vers ces milieux, ce doit être une preuve que vous essayez de vous en débarrasser) , comme ça, dans les lieux que vous fréquentez, ils sont tous pour vous, et vous pouvez faire une croix sur cette concurrence impromptue.
Donc pour conclure, je dirais une seule chose. Laissez-moi tranquille, un peu, et je pense qu’il serait avisé d’en faire de même avec le reste de votre entourage LGBT. Petite chanson de Manau qui devrait vous faire réfléchir :
Autopsy
Film réalisé par Jérôme Anger, avec Claude Perron , Thierry Neuvic ,Sara Martins , Stéphane Freiss.
Rico est Capitaine dans la police, il vit une vie rangée avec sa femme et son fils, néanmoins plongé dans la violence de son travail quotidien. Lorsque que sa légiste — et mentor — fait un accident cérébral, elle est remplacée par Emmanuel Rivière, dont il tombe éperdument amoureux au premier regard et qui va littéralement bouleverser l’enquête.
Un film français, très bien inspiré et interprété à mon goût, entre polar et drame, qui fait penser à Brockeback Mountain par certains aspects. Il se fonde en effet, selon moi, sur l’analyse d’un problème similaire: la notion de virilité, l’acceptation de ses attirances, ainsi que l’incompréhension mutuelle et individuelle qui mène à l’écartèlement des familles, d’une façon indéniablement peu naturelle.
Je m’épandrai librement lors d’une ellipse que je ne peux m’empêcher d’écrire, pour faire durer un moment que j’ai trouvé bien trop court pour être même saisi partiellement.
La fin, délicieusement surprenante car elle brise littéralement l’idée que l’on s’en fait, me laisse sur ma faim — jeu de mots certes honteux mais néanmoins approprié dans notre cas. De multiples interprétations possibles, de multiples pistes qui donnent envie au spectateur de voir le film une deuxième fois juste pour voir s’il comprend mieux. Ceci n’est que mon avis personnel, évidemment, je ne prétends pas savoir si la situation vous paraîtrait personnellement limpide. Si d’aventure vous l’avez vu et que c’est le cas, je vous en prie, commentez cet article et expliquez-moi votre vision des choses.
Je lui attribue donc 5 Hugh Laurie sur 5 en toute connaissance de la ressemblance de l’acteur principal, Stéphane Freiss, avec lui.
Et le Concepteur dit: “Read The Fucking Manual” (Epitre aux Geeks, chapitre 18 verset 9)
L’Homme a été envoyé sur Terre avec un Manuel d’utilisation. Depuis le temps, les gens ont tendance à penser qu’il est obsolète, mais heureusement que certains sont là pour nous rappeler que toutes les réponses sont à l’intérieur de ce reccueil de détails techniques.
Voilà la réponse à un de mes messages, dans lequel je signifiais mon incompréhension:
“Vous me dîtes que vous n’êtes pas athée, alors peut être allez-vous à la messe de temps à autre. Mais si vous souhaitez connaître véritablement le Seigneur, je ne peux que vous encourager à lire l’Evangile. Lisez-le Nouveau Testament et faîtes votre choix ensuite.”
En clair: RTFM. Et les réponses sont là.
L’utilisation de l’Homme dans des buts qui ne sont pas approuvés par le Concepteur met fin à la garantie et vous expose à la non-reprise du produit en cas de panne.
D’ailleurs, les experts sont clairs quant aux conséquences de la mauvaise utilisation de l’Homme: par exemple, établir une connexion entre deux hommes (plutôt qu’entre un homme et une femme, fonction initialement prévue par le Manuel) est déconseillée voire prohibée par la Loi du fait du risque d’infection de son système (immunitaire) par un virus malin, indétectable par les FireWalls. (Tout le monde sait que le Firewall homme-femme est plus efficace)
Le Manuel n’ayant pas prévu tous les cas de figure, le Concepteur a aussi mis en place un efficace service après-vente, assuré par des personnes de confiance. Ce service comprend une Foire aux questions en ligne. A la question “L’église est-elle homophobe”, la FAQ nous répond par dix arguments qualifiés de “munitions”. (l’image troublante d’un prêtre muni d’une kalashnikov me vient soudain à l’esprit):
“1) Tout d’abord, il faut dire et redire que le mot « homophobie » est un mot absurde. Enbonne logique, il devrait signifier « aversion à l’égard du semblable ». A notre connaissance, personne n’éprouve d’aversion à l’encontre de ceux qui lui ressemblent.”
Ce premier argument me laisse perplexe. C’est moi ou la FAQ joue sur les mots, en faisant semblant de ne pas comprendre? Serait-ce une ostentatoire preuve de mauvaise foi? Cherchons donc les autres réponses.
“2) Mais, derrière cette absurdité, le lobby gay, qui a imposé ce terme dans le débat public, veut imposer l’idée que les personnes défavorables à l’homosexualité (voire simplement celles qui sont indifférentes à l’homosexualité) éprouveraient de la haine ou du mépris pour les personnes homosexuelles. C’est là un sophisme grossier. Et spécialement grossier en ce qui concerne les catholiques.”
La FAQ me laisse encore sur ma faim. Je trouve souvent dans la FAQ le terme de “lobby gay”, et je commence à croire qu’il doit s’agir d’un obscur fantasme ou d’une private joke utilisée par les rédacteurs. Deuxièmement, les gays imposent beaucoup de choses selon eux. Les gays n’imposent rien selon moi, et ils auraient bien du mal. Mais passons. J’étais à la recherche de réponses, et comme tout service après-vente, j’ai l’impression que la FAQ me roule dans la farine en répondant à côté. “L’église est-elle homophobe?” “Non”. Essayons d’obtenir quelques détails techniques que la FAQ ne semble pas avoir jugés nécessaires dans sa réponse. Des arguments concrets, par exemple.
“3) Comme catholiques, nous condamnons en effet les pratiques homosexuelles comme péché, mais nous n’avons aucune haine ni aucun mépris pour les pécheurs – d’autant moins que nous nous savons nous-mêmes pécheurs et que, par ailleurs, nous savons aussi que beaucoup d’homosexuels souffrent de leur homosexualité.”
Ce n’est pas fort étonnant. La FAQ continue à négliger les détails techniques. “Ma configuration est-elle compatible avec l’application?” “Non. Changez votre configuration et revenez nous voir”. Quant à la façon de changer la configuration, la FAQ tait encore le sujet. A croire qu’ils n’ont en réalité aucune expertise technique. Les utilisateurs en souffrent, c’est normal, pensant qu’ils n’optimisent pas l’utilisation de leur produit, et ne recevant aucune aide pour le faire. A chaque essai, le service répond “Désolé, mais votre configuration initiale choisie par le Concepteur n’est pas en accord avec son Manuel. Vous êtes un monstre. Démmerdez-vous.”
“4) Que l’homosexualité soit un péché, l’immense majorité des traditions religieuses le disent. C’est en tout cas un enseignement sans équivoque de la Bible.
On le voit dès le livre de la Genèse (Gn XIX), avec le châtiment effrayant de la ville de Sodome.
La loi divine déclare laconiquement (Lv XVIII, 22) : « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. » De la même façon, saint Paul affirme, liant d’ailleurs l’homosexualité à l’idolâtrie (Rm I, 26-27) : « C’est pourquoi Dieu les a livrés [ceux qui ont adoré la créature au lieu du Créateur] à des passions infâmes: car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature; [27] et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. »”
Lorsque la FAQ n’a pas envie de réfléchir pour trouver une réponse, elle cite le Manuel. Ce qui est inutile étant donné que si nous sommes amenés à consulter la FAQ, c’est que le Manuel n’a pas suffi à répondre à nos questions. Une fois de plus, RTFM. -Mais je vous dit que ça ne fonctionne pas, votre truc. Ce n’est pas de notre faute si le Concepteur a écrit n’importe quoi.
“5) Cet accord général des grandes traditions religieuses n’est pas fortuit. Il tient essentiellement à ce que l’homosexualité est condamnée par la loi naturelle, inscrite dans le coeur de tout homme. Quel que soit notre état de vie, nous savons que l’homme a été créé homme et femme et que le plus grand bonheur humain (nous ne parlons pas ici du bonheur surnaturel auquel l’homme a été appelé par le baptême, mais bien du bonheur accessible à la seule nature) est de connaître cet amour et cette communion entre l’homme et la femme, qui donne, selon la Révélation elle-même, l’image la plus exacte de l’amour du Christ et de l’Eglise.”
Je pense qu’il y a un souci avec la Conception de mon matériel, car la Loi Naturelle et le Savoir dont vous parlez n’est pas pré-chargée pas dans ma mémoire cardiaque. Votre service fournit-il un CD de ré-installation? Non?
“6) En particulier, l’amour est naturellement fécond et ne peut être centré exclusivement sur les amoureux, mais les invite à sortir d’eux-mêmes. De toute évidence, « l’amour » homosexuel ne connaît pas une telle fécondité.”
Je n’arrive pas à ouvrir la pièce jointe “Evidence”, et ce problème s’est déjà manifesté avec les documents “Loi Naturelle” et “Savoir”. Je pense que ma configuration n’est pas suffisante pour décrypter la connection sécurisée avec la FAQ. Celle-ci est-elle disponible sur un support non crypté qui me permette de la comprendre dans son intégralité?
“7) Il serait vain d’objecter que bien des couples homme-femme ne connaissent pas une fécondité charnelle. Ce cas ne fait qu’insister douloureusement sur le caractère naturellement fécond de l’amour humain : chacun sait que ces couples souffrent profondément de ne pas connaître cette fécondité. Preuve que celle-ci est tout aussi profondément inscrite dans la nature humaine.”
Le souci avec les recherches sur les FAQs, c’est qu’on trouve souvent des réponses qui n’ont pas le moindre rapport avec ce qu’on avait demandé.
“8) Si parler d’homophobie est absurde, nous pouvons constater que, rejetant la communion avec un être différent (la femme pour l’homme et l’homme pour la femme), les homosexuels pourraient être dit, beaucoup plus justement, « hétérophobes », dans la mesure où ils rejettent l’altérité.”
Enfin une réponse fournie et réfléchie.Cependant, cette étude n’est pas compatible avec ma configuration. Je ne rejette pas l’altérité, bien au contraire. Les machines avec qui j’entretiens les connexions les plus haut-débit sont très généralement des produits de type féminin. Je pense que la FAQ confond homosexualité et machisme. Dommage qu’il n’y ait pas de Manuel de référence pour le leur expliquer.
“9) On objecte souvent le cas des homosexuels qui n’ont pas choisi leur état. [NdH : Parce qu’il y en a d’autres ? Damned !] Mais il faut distinguer deux choses : les penchants homosexuels et la pratique de l’homosexualité. Les penchants ne sont effectivement pas choisis, et ne peuvent donc pas constituer un péché (qui suppose un acte libre). En revanche, nous ne sommes pas des animaux qui se laissent guider par leur instinct : nous choisissons de succomber ou non à la tentation et nous sommes responsables de nos actes. C’est le mystère de notre liberté et de notre responsabilité. Prétendre que les personnes dotées de penchants homosexuels sont contraintes d’y succomber, c’est supposer que nous n’aurions aucun moyen de résister aux tentations que nous connaissons fréquemment dans notre envie. Ce qui reviendrait à nier notre liberté… et à faire de notre vie et de celle de nos proches un enfer !”
Voilà qui ressemble bien à un vrai service après-vente. Nous vous fournissons un matériel défectueux, vous n’avez qu’à ne pas l’utiliser, comme ça, il ne peut pas mal fonctionner. CQFD. Remarquons au passage la présence de la menace finale de mettre fin non seulement à notre garantie, mais aussi à celle de tout notre entourage si jamais on se plaint. Regardons à présent la dernière “munition”, comme elle se plait à l’appeler, (comme quoi l’Eglise n’est pas homophobe) de la FAQ.
“10) En revanche, il est bien évident que nous ne sommes pas tous aussi coupables de succomber à telle tentation, ni aussi méritants d’accomplir telle bonne oeuvre. Et nous n’avons aucune prétention à juger de la responsabilité de tel homosexuel. [NdH : Voir munition précédente.] Dieu seul est capable de juger de cela.
Pour nous, nous nous contentons de dire que l’homosexualité est un péché ; nous prions pour les homosexuels ; et nous nions vigoureusement que cela fasse de nous des « homophobes » !”
La FAQ aurait-elle oublié qu’elle a nommé cette section “Munitions”? Aurait-elle oublié ce Tag au sein de son site, et les gros titres/articles complètement dépourvus de haine et de dégoût, de généralisations outrageantes qui dégoulinent de bêtise assumée? D’ailleurs, sur le reste du service, la FAQ n’hésite pas à se lancer dans des néologismes de plus en plus loufoques. Remarquons l’absurdité crasse du mot “homophobie”, lorsqu’on rencontre sur la FAQ des termes tels que “Homofolie” ou encore l’adjectif associé Ô combien festif “Homofou” (Youhoouuuu! Qu’est-ce qu’on est fous!), sans compter le Lobby gay (je ne sais pas d’où ils ont pu le sortir, celui là.) qui semble être composé d’affreux “homosexualistes”, terme qui recèle un sens encore inédit, un concept qui n’est connu que de la FAQ. Je parlerais bien d’hétérosexualistes, de fanatiques qui essaient de convertir de pauvres homos à l’hétérosexualité. (Suivez mon regard…) Le contraire m’étonne.
La FAQ s’est d’ailleurs fendue d’une imitation en inventant le mot “Christianophobie”, moins absurde qu’Homophobie, bien évidemment. Tout comme Homofolie et autre extravagances de la FAQ. Je n’ai pas de munitions pour la riposte homosexuelle, et honnêtement, je pense qu’en me regardant du point de vue de la FAQ, je suis entièrement et indubitablement christianophobe. Pourquoi tenter de le démentir, sinon pour paraître parfaitement ridicule, en talons aiguilles, maquillé comme un camion volé et armé d’une kalashnikov?
Next: la philosophie s’en mêle.
Après la religion… La philosophie! Voyons si le raisonnement philosophique peut mieux faire que la foi!
Après avoir lu ce Texte d’un professeur australien en philosophie à propos du mariage homosexuel, j’ai terriblement envie d’y répondre. (Ne parlons même pas du blog qui l’héberge. Ca me fait froid dans le dos. Brrrrrrrrrr.)
D’une part, parce que je ne peux partager ce point de vue, et d’autre part parce que je ne peux tolérer ce genre de point de vue de la part d’un adepte de la sagesse, pas plus que d’une institution religieuse, et enfin parce que mon père m’a soutenu la même chose il n’y a pas longtemps (pas tout à fait mais l’essentiel y était). Résumons les arguments présentés par l’auteur:
1) Une patte est une patte. Une queue n’est pas une patte parce qu’elle ne soutient pas le chien. De même pour le mariage.
2) La société favorise les unions qui la font prospérer par le mariage et les avantages qui en découlent.
3) Un couple homosexuel n’engendre pas d’enfants, il n’engendre donc pas d’apport à la société et celle-ci n’a donc pas à l’avantager de la même façon.
4) Sans enfant, un couple homosexuel n’a pas besoin de mariage car il ne possède aucun projet sur le long terme.
Donc il serait inaproprié d’autoriser un mariage homo. CQFD.
Alors voilà ce qui m’irrite: le sophisme n’est pas supposé être le cheval de bataille d’un philosophe. Cet argumentaire se base sur un aquis: un couple homosexuel ne peut rien apporter à la société. Si on s’en tient à cette idée d’échange équitable, cela semble vrai à première vue.
Mais l’auteur a-t-il jamais réfléchi à ce qu’un couple homosexuel pourrait apporter à la société? Ou s’est-il arrêté à “un couple homosexuel n’engendre pas d’enfants.”?
1 Un couple homosexuel, c’est certain, mais deux, oui. Et même le double. Deux hommes + deux femmes… = 2x(plein de bébés)? Mais pour que ce système soit au point, il faudrait créer un statut de co-parentalité qui permette à ces personnes d’élever leurs enfants dans de bonnes conditions. Car il est aussi probable qu’ils développent une “forte amitié” qui est conseillée dans le texte, et un coup de pouce légal qui leur permette de mener leur projet à terme ne serait pas de refus.
Donc n’est-ce pas la comunauté elle-même qui empèche à un couple homosexuel d’apporter quoi que ce soit, étant donné qu’elle lui refuse de quoi mener leur projet à terme en leur évitant les problèmes qu’elle évite aux hétérosexuels?
2 Il y a une tonne d’enfants qui vivent dans des orphelinats. Ne me dites pas qu’ils ont un cadre plus stable qu’avec un couple aimant de même sexe. Un couple de même sexe pourrait apporter à la société la main d’oeuvre dont elle a besoin pour rattrapper les contrats que les hétérosexuels n’ont pas su tenir. J’y vois un apport considérable. Mais qui empèche la comunauté homosexuelle d’adopter… ? Ne serait-ce pourtant pas une façon de satisfaire l’échange équitable qu’elle exige?
3 C’est ce genre de raisonnement qui m’insupporte. “La comunauté”… A savoir la comunauté hétérosexuelle? C’est ce type de pensée qui isole un homosexuel d’un hétérosexuel et qui le contraint à se reposer sur sa propre comunauté, car elle ne lui apporte pas le soutien dont elle a besoin…. En un mot, la société ”ghettoïse” les homos, et elle s’y prend de bien des façons.
Donc non, désolé, encore un argumentaire qui ne me convient pas. Et je n’ai pas fait d’objection à l’idée du mariage en tant qu’échange équitable, car il est certain qu’il y en a des milions. Mais même en prenant cela en compte, la “vérité”, selon l’auteur, ça ne tient pas la route à mes yeux. La vérité ne suffit pas à interdire le mariage homo à mes yeux… Qui le fera donc? NEXT!
Et Dieu dit “Faites des Hämburgers”.
Voici un commentaire trouvé à propos du combat religion/sexualité. Je pense qu’il est soumis à controverse. Mais il amène quand même à réfléchir…
“
La religion ne fait que participer à la volonté normalisatrice de toute société humaine. Elle joue (entre autres) le rôle de justification des a priori culturels. C’est pourquoi la religion évolue au cours du temps, parfois même au mépris des ses textes fondateurs. Les religions chrétiennes se sont ainsi adaptées aux différents régimes politiques, à la montée du capitalisme… N’est-il pas étonnant de voir comment les chrétiens se sont bien insérés dans un monde basé sur l’argent, malgré les condamnations explicites de Jésus dans les évangiles ?
La religion a une force d’inertie énorme, mais qui n’est pas insurmontable. Rien ne sert de lutter contre la religion, si la société va dans le bon sens la religion suivra. La confronter directement est inutile et même contre-productif.
“
Conte de fées
Voici un petit conte de fées écrit il y a longtemps…
Il était une fois, dans un royaume lointain, une princesse appelée Constance dont la beauté n’avait d’égal dans aucun des royaumes environnants. Pour son dix-huitième anniversaire, sa main fut enfin proposée à un jeune Prince d’une contrée voisine, le Prince Lionel. Ils se rencontrèrent pour la première fois après leurs fiançailles officielles: leur mariage avait été décidé de longue date par leurs parents pour assurer un lien diplomatique entre les deux contrées.
Rien ne semblait alors les lier, bien que chacun veille sur l’autre d’une façon touchante et innocente. Constance passait ses journées à tisser en chantonnant, couvrant leur palais de tapis somptueux dont elle seule avait le secret. Elle pouvait aussi passer des heures, durant l’absence de son époux, à coiffer la chevelure dorée qu’elle avait magnifique afin d’être la plus belle lorsqu’il rentrerait. Souvent elle allait se promener dans les jardins du palais qu’elle ne quittait plus, en compagnie de son époux ou de converse avec les dames de la cour qui lui prodiguaient mille conseils. Les fleurs, les plantes et les animaux n’avaient plus de secrets pour elle; et on put croire qu’ils lui parlaient au creux de l’oreille lorsque personne ne regardait.
Le prince, quant à lui, arpentait le pays à la recherche de nobles causes à défendre, et revenait bien souvent bredouille. Rien ne semblait troubler la quiétude de la région, et les alentours du palais étaient dépourvus de toute malfaisance. Cependant, il avait appris à manier les armes, et sa bravoure ne laissait aucun doute. Ses admiratrices étaient nombreuses, malgré le petit nombre de prouesses qu’il avait réalisé faute de quêtes dans lesquelles s’enrôler, mais il ne leur prêtait pas attention, sans aucun doute par fidélité à son épouse la Princesse Constance.
C’est alors qu’un grand mal s’abattit d’un jour à l’autre sur la région. Chaque soir, une vierge était enlevée de sa chaumière, et elle ne reparaissait plus. Personne ne connaissait l’identité du ravisseur et ou il les emmenait, mais ce qui effrayait le plus les villageois, c’était ce qu’il leur faisait. On racontait qu’on entendait un cri toutes les nuits, provenant des montagnes, et d’étranges rumeurs commencèrent à fleurir dans les bourgades. A voix basse, les hommes se racontaient des histoires terrifiantes dans les tavernes, au coin du feu, parlant de sorcellerie et de magie noire. D’autres prétendaient que le Dragon Maldor, sévissant des siècles auparavant dans un pays éloigné, viendrait enlever leurs filles dans leur sommeil agité par les cauchemars et s’en irait dans sa tanière afin de dévorer leurs âmes.
Sautant sur l’occasion, le Prince Lionel se rendit dans les montagnes à la recherche du ravisseur, mais ne trouva jamais âme qui vive. Jamais il ne trouva les jeunes filles, ni leur terrifiant bourreau. Il passa des journées entières à arpenter les sentiers rocailleux des cimes sans atteindre son but, et revenait le soir au palais, en compagnie de son épouse, totalement exténué.
Une nuit, alors qu’il dormait d’un sommeil bien mérité dans le lit conjugal, il entendit un terrible cri: celui de son épouse Constance, qui dormait à ses côtés. Le temps que sa vision s’adapte à la pénombre, il ne put voir qu’une ombre s’échapper par la fenêtre dont les rideaux ondulaient sous l’effet d’un coup de vent hâtif. L’aventure prit alors une dimension bien plus dramatique: s’il ne la retrouvait pas avant le lever du soleil, elle allait sans doute être sacrifiée sur un autel obscur, pour quelque raison malveillante. Il revêtit son armure en quelques minutes, fit seller son cheval et chevaucha jusqu’aux montagnes, suivant une grande ombre dans le ciel qui masquait les étoiles sur son passage, et d’où provenait les hurlements désespérés de sa princesse en détresse.
Arrivé au pied des montagnes, là où il avait vu sa princesse disparaître, Le prince Lionel n’en pouvait plus. Voyant qu’il devrait continuer à pied en raison de l’état du sentier qu’il allait devoir emprunter pour repartir à la poursuite de sa cible, il descendit de cheval et enleva sa lourde armure qui réduisait de manière considérable sa mobilité. Il la posa sur une pierre, attacha sa monture et partit en courant à l’assaut de la montagne avec un cri de frustration. La piste refroidissait déjà, et les cris de sa chère et tendre se faisaient de plus en plus lointains et inaudibles.
Sur son chemin, il entendit un homme crier dans son dos.
-Prenez garde! disait-il. Le dragon Maldor habite ces montagnes.
Quand Lionel se retourna, il découvrit derrière lui un aventurier en côte de mailles, l’épée au poing, et avec un bouclier étincelant sur lequel se reflétait la pâle lune. Il avait les traits fins et un regard noir presque inquiétant.
-Je suis ici pour l’anéantir, déclara Lionel, sûr de lui.
-Moi aussi. Je suis Fedar de Cristabelle, Tueur de dragons.Cela fait des années que je le pourchasse, et très récemment, il a quitté ma contrée d’origine pour venir se repaître ici, faute d’âmes pures à dévorer. Croyez-moi, seul, même le plus vaillant des princes ne fait pas le poids.
-Alors joignez-vous à moi, et à deux nous aurons toutes nos chances.
-Une armée ne suffirait pas à en venir à bout.
-Ma femme est dans ses griffes, le coupa Lionel. J’irai, avec, ou sans vous.
Fedar de Cristabelle lui jetta un regard intense, profond, comme s’il tentait de percer la barrière de ses yeux pour découvrir ses pensées.
-Je vous accompagne, tâchez de garder le rythme.
Ils repartirent à deux sur la route de la tanière de la bête, tachée de sang et empestant la mort, comme si les montagnes recelaient une entrée des Enfers.
Le Prince Lionel et Fedar de Cristabelle arrivèrent à l’entrée de l’antre de la cruelle bête, trou béant creusé dans la paroi d’un python rocheux qui semblait s’enfoncer au plus profond de la terre. Ils descendirent à la lueur d’une torche improvisée l’escalier de fortune qui s’offrait à eux, et trouvèrent rapidement une autre source de lumière. De la lave en fusion, rejetée des Neuf Enfers, déferlait sans bruit le long de certaines parois, et le feu qui l’animait semblait jouir d’une vie propre.
Le prince Lionel prit la tête. Il ne voulait que sauver celle qu’on lui avait promise. Troublé par la présence du preux chevalier qui l’accompagnait, il avait du mal à rester concentré. L’autre semblait tout aussi troublé que lui, et visiblement, l’un comme l’autre aurait préféré être seul. Mais il était improbable qu’ils arrivent à leurs fins en jouant chacun à son propre compte. Au détour d’un tunnel, ils commencèrent à entendre les cris effrayés de plusieurs femmes. Lionel et Fedar dégainèrent leurs épées comme un seul homme. Le moment d’un combat inévitable approchait.
Enfin, ils trouvèrent le monstre. Cachés derrière une paroi, ils observaient l’immense créature écailleuse, ailée d’écarlates membranes réparties entre des doigts acérés. Ses yeux reptiliens diffusaient une lueur malsaine, rouge, à peine visible dans l’éclairage prodigué par les flammes qui l’entouraient, et sa grande queue surplombée de piquants dissuasifs s’achevait par une flamme intense.
Sur le côté de la terrible tanière se trouvait une cage d’acier, d’où provenaient d’innombrables lamentations, des cris et des sanglots. Lionel repéra, au milieu des jeunes filles enfermées, sa douce épouse aux cheveux éblouissants. Terrifiée, elle pleurait à chaudes larmes. Il était grand temps de la délivrer, elle et toutes les captives, et de mettre fin au règne de terreur de Maldor le Dévoreur d’Âmes.
A l’instant où Lionel s’élançait vers la cage d’acier qui retenait captive la douce Constance, Le dragon Maldor, cruel démon sans âge, hurla de colère et des flammes de haine s’élevèrent vers la voûte de l’immense cavité, calcinant sur place des concrétions chargées d’ans.
Quand le dragon rabaissa la tête vers l’intrus avec une vigueur inhumaine, Lionel sut qu’il n’arriverait jamais à atteindre la prison avant que le feu des Enfers ne lèche ses flancs. Un déferlement de chaleur surgit de la gueule du monstre, et Lionel se projeta de justesse en avant pour l’éviter. Il tomba à plat ventre, et se retourna dans un souffle pour faire face à la créature sans pitié. Ses yeux rencontrèrent ceux de Maldor, et il put y lire toute la haine et la colère accumulée à travers les âges d’une créature autrefois sage et bienveillante. Sa cupidité, commune chez les dragons, avait sans doute consumé toute once de gentillesse et de pitié du reptile. Au moment où la créature, prête à relancer un flot de flammes sur Lionel, cligna des yeux latéralement, le Jeune prince lut dans son regard que Maldor était complètement et à jamais voué au Mal.
Le Dévoreur d’Âmes ouvrit la gueule tandis qu’un brasier mortel se préparait déjà au fond de sa gorge. Tout à coup, une patte griffue, noire, cogna brutalement sa tête, et la bête referma la gueule dans un grognement de douleur titanesque . La seconde suivante, Lionel se rendit compte qu’un Dragon noir aussi grand que le premier se dressait fièrement sur ses pattes arrières, quelques mètres le séparant de Maldor.
-D’où sort-il? hurla-t-il à l’adresse de Fedar, tandis que les deux bêtes se livraient un combat acharné.
Mais ce dernier avait disparu. N’ayant pas le temps de le chercher, Lionel se rua sur la cage d’acier du Démon. D’un coup magistral de son épée, il fit sauter le loquet et étreignit de soulagement la princesse Constance. Le temps pressait. Les Dragons, se projetant l’un sur l’autre avec une violence inouïe, infligeaient à la cave des secousses qui faisaient s’écrouler la cavité toute entière, morceau par morceau.
Les jeunes filles s’en furent en courant, et Lionel ferma la marche. Laissant derrière lui le combat des titans, il mena les jeunes vierges jusqu’à la sortie du gouffre, haletantes et en pleurs. Nul doute que le Dragon allait sortir pour les pourchasser dès qu’il se serait débarrassé de son frère noir. Cependant, le prince savait qu’il ne pouvait pas laisser son compagnon dans l’antre du Monstre. Son cœur s’étreignit à l’idée de le laisser mourir, et ainsi faire du Prince épris de justice un lâche qui laisse tomber ses compagnons de lutte.
-Constance! appela-t-il.
La princesse émergea du groupe de jeunes filles, ses larmes séchées d’un revers de main.
-Veillez à mettre ces demoiselles en lieu sûr, je vous accorde toute ma confiance, et je sais que vous en êtes plus que capable. Je ne puis laisser Fedar de Cristabelle se faire ensevelir sous les éboulis.
-Mon époux, votre loyauté n’a pas d’égal mais Vous ne pouvez pas venir en aide à Fedar, c’est lui qui…
Mais Lionel, déjà engagé dans l’entrée de la grotte, n’entendit jamais la fin de sa recommandation.
A mi-chemin entre l’entrée et la tanière, Lionel fut contraint de se jeter à plat ventre pour éviter les deux immenses créatures qui volaient à tire-d’aile vers la sortie. Leur passage si rapide provoqua un énorme tremblement, et le tunnel s’éboula, une centaine de mètres devant Lionel.
-Non!!! cria-t-il, sentant des larmes de tristesse et de frustration monter en lui.
Il avait échoué, et Fedar de Cristabelle était sans doute mort, écrasé sous des tonnes de roc. Jamais il n’avait failli à sauver la veuve et l’orphelin, pourtant, il venait de faillir à sauver le chevalier errant.
A contrecœur, il fit machine arrière et courut vers la sortie, juste avant que toute la structure ne s’effondre dans un fracas infernal. A l’air libre, sa seule préoccupation était de rattraper son épouse pour l’escorter, elle et ses protégées, dans un lieu sûr.
Quand il les rattrapa, sur le sentier qui l’avait conduit dans l’antre de Maldor, il fut saisi par le souvenir de sa rencontre si brève avec le chevalier. Une fraternité soudaine et irraisonnée s’était installée entre les deux hommes à ce moment, et Lionel ne s’en aperçut que trop tard. Ses yeux se remplirent à nouveau d’un regret et d’une peine profonde, sans que les larmes n’osent percer ses paupières. Il se devait d’être fort et d’assumer son échec comme tout prince devait le faire.
-Mon mari! s’écria la jeune Princesse. Je craignais pour votre vie. Que se passe-t-il? Vos yeux expriment une tristesse sans pareille.
-Il est mort, expliqua le Prince. Mais les Bardes chanteront sa bravoure.
-Il n’est pas mort, le corrigea Constance en se jetant dans ses bras. Il est là haut!
Elle pointa alors le ciel de son indexe gracieux, et Lionel discerna les deux dragons dans un combat de flammes épouvantable, mais il ne put voir aucun corps dans leurs griffes.
-Vous étiez en transe, en vous livrant à un combat de regards avec Maldor, continua la Princesse Constance. Il s’est transformé en dragon et vous a sauvé d’une mort certaine.
Un soulagement sans limites s’empara de Lionel. Rien ne put le rendre plus heureux. Sa mission avait été un succès. Il continua son chemin, suivant des yeux la bataille aérienne qui se livrait au dessus d’eux.
-Pourvu qu’il s’en sorte, souhaita-t-il à voix basse et dans le creux de son cœur.
Quand il retrouva son cheval, une chose incroyable se produisit. D’un coup de patte, Maldor fit mordre la poussière au Dragon noir bienveillant. Celui-ci tomba dans un bois, en contrebas des montagnes, et disparut sous les arbres. Maldor Poussa un hurlement rauque de victoire, et s’enfuit vers l’horizon en faisant claquer ses lourdes ailes dans le vent.
Lionel, tétanisé, passa à l’action dès qu’il eut disparu. Il détacha son cheval et l’orienta vers le sentier.
-Constance, je vous prie, implora-til en se mettant en selle. Occupez vous bien d’elles comme vous l’avez déjà fait. Vous ne risquez plus rien pour l’instant. Fedar m’a sauvé la vie une fois, et c’est à moi d’honorer ma dette.
-Faîtes, mon mari. C’est votre bravoure qu’on chantera aux cotés du nom de Fedar.
-Qu’il en soit ainsi, répondit Lionel en éperonnant sa monture.
Il galopa jusqu’aux bois sans laisser de répit à son cheval. Il se dirigea à l’aveuglette vers l’endroit où avait eu lieu l’impact, et aperçut entre les branchages une petite clairière, dont les alentours étaient parsemés de flammes isolées. Au centre se trouvait le corps de Fedar, inconscient, ayant recouvré sa forme humaine et ses habits d’aventurier. Lionel sauta de cheval pour s’agenouiller devant le chevalier-dragon. Il colla son oreille contre son torse, et sa chaleur associée au son des battements de son cœur furent pour lui un réel soulagement. Fedar de Cristabelle vivait. Il le souleva, et le trouvant trop lourd, il le reposa. Le prince enleva la chemise de mailles de l’aventurier et entrepris de le porter à nouveau. Il enroula les bras du dormeur autour de son cou et passa les siens sous ses jambes. Il se redressa et marcha vers son cheval. Positionné derrière lui, le maintenant en selle, Lionel se remit en route vers le Palais. Seuls les sages de la royale bâtisse pourraient lui prodiguer les soins nécessaires.
Allongé dans un lit de plume, dans la plus haute tour du Château, Fedar n’arrivait pas à récupérer du combat qu’il avait mené seul contre Maldor le Maléfique. Lionel et Constance, inquiétés par son état, restaient à son chevet des journées entières. Un beau jour, le bienveillant hôte du Chevalier-Dragon de Cristabelle, le Roi Hérald en personne, vint s’inquiéter de l’état de son invité. Voyant que les remèdes des sages et des soigneuses du palais ne suffisaient pas à le remettre sur pieds, et que des perles de sueur perlaient sur son front, marquant une fièvre sérieuse, il prit sa belle fille à parti.
-Princesse Constance, lui demanda-t-il en aparté. Vous voyez comme moi l’état d’inquiétude de Lionel pour son ami. Pour Fedar de Cristabelle qui nous a sauvé d’un fléau sans bornes et pour mon fils, je vous serai gré d’aller quérir la Fée Liselle qui se cache dans les jardins. Je suis sûr que vous seule savez où elle se trouve.
-C’est que… bredouilla la Princesse. Elle m’a fait promettre de ne pas révéler sa cachette pour que vos hommes ne viennent plus l’importuner.
-Vous n’avez qu’à vous y rendre seule, et lui demander de nous aider à soigner cet homme, terrassé par une maladie que vous comme moi ne pouvons soigner de nous-mêmes.
-Il en sera ainsi, acquiesça à contrecœur la jeune Constance. Si c’est le seul moyen de sauver celui qui a contribué à ma libération et à celle de tout le pays… J’irai au crépuscule, lorsque le soleil sera plus clément à ses yeux.
Le soir même, du haut de la tour, Lionel vit sa princesse disparaître entre les arbustes des immenses jardins du palais. Lorsqu’elle refit surface, à la nuit tombée, elle était suivie par une petite boule luminescente, virevoltant autour d’elle.
Le roi Hérald, accompagné de sa femme la Reine et de sa belle fille fit alors irruption dans la chambre du malade où le Prince Lionel s’était endormi. Le bruit de la porte le réveilla en sursaut, et il put voir la fée, petit être au corps gracieux et aux ailes translucides s’approcher de Fedar.
-Il est intoxiqué au poison de Dragon, commenta-t-elle d’une façon la plus tranquille qui soit. Je ne peux pas le sauver.
-Attendez, risqua Lionel. Il n’y a pas la moindre chose que vous pourriez faire ?
-Le seul moyen de le sauver est de détruire le dragon qui l’a empoisonné, déclara la fée lunatique. Je ne vois pas, sans l’aide d’un dragon, comment vous pourriez faire pour accomplir un tel exploit.
-Mais il s’agit d’un Demi dragon, intervint Constance.
-Cela change tout, rit Liselle de sa voix cristalline. Voici ce que je peux faire : je dois disposer d’un contre poison qui le réveillera durant quatorze jours, pas une minute de plus. Mais s’il s’avère que Maldor est toujours en vie lorsque ce délai sera écoulé, le Demi-Dragon de Cristabelle sera plongé dans un coma sans fin.
-Alors la seule chance qu’on peut lui donner est de… se sauver lui-même ? glapit la Reine.
-Exactement, acquiesça gravement la petite fée lumineuse.
-Alors faites, décréta le roi. C’est une chance ou aucune, le choix est vite fait.
Le lendemain, Le Chevalier-Dragon était sur pieds, totalement revigoré. Quand le roi rentra sans la chambre pour le saluer, son fils était déjà sur place.
-Il n’y a pas une minute à perdre, expliqua-t-il. Je vous ai préparé un cheval, et vous pourrez aller trouver Maldor dès que l’envie vous en prendra. Sachez que mes portes vous resteront ouvertes à jamais. Je ne sais quelles sont vos obligations, mais, dans tous les cas possibles et imaginables, vous serez le bienvenu dans ma demeure.
-J’en serai honoré, répondit le Chevalier. Je viens de découvrir la nature royale de votre fils, et c’est avec grand plaisir que je reviendrai pour lui rendre visite.
-Je viens avec vous, intervint le jeune Lionel.
-C’est brave, mais inutile, rappela Fedar. Vous ne serez pas de taille contre un dragon, et donc d’aucune aide lors de mon combat.
-Certes, approuva Lionel, mais si d’aventure vous veniez à en ressortir en mauvais état, je serais là pour vous ramener en lieu sûr.
-Alors allez-y à deux, décida le Roi Hérald. Mon fils en gage d’assurance contre les imprévus est le moins que mon royaume puisse faire pour vous aider dans votre quête.
-A présent, ne perdons pas de temps, il ne nous reste qu’un peu plus de treize jours pour trouver ce dragon et l’envoyer là où Maldor le dévoreur d’Âmes devrait être.
Quatre jours plus tard, Fedar et Lionel étaient sur la route de Cristabelle, là où le Chevalier Dragon pensait que Maldor s’était replié après la destruction de son logis. Il y avait plus de 10 ans qu’il le pourchassait, et il savait bien quelles étaient ses cachettes les plus secrètes. Durant le voyage, les deux jeunes hommes se rapprochèrent si ostensiblement qu’on eut pu jurer qu’ils étaient frères.
Le douzième jour, les compagnons étaient encore bien loin de la cité de Cristabelle, et Lionel commençait à redouter de voir son compagnon succomber sur le chemin. Il perdait peu à peu tout espoir et toute joie, et il s’enfermait minute après minute dans une morosité qui ne lui était pas coutumière. C’était la fin de tout espoir.
Le treizième et avant dernier jour, Lionel fit part de ses inquiétudes au Chevalier-Dragon de Cristabelle. Celui-ci acquiesça gravement, et répondit d’une voix neutre :
-Je savais qu’il faudrait transgresser les règles à un moment où à un autre. Mais d’abord, prenez ça. Ce médaillon vous permettra de retourner au palais si jamais vous êtes mis en danger. Mon échec ne signifie pas que vous deviez mourir.
Lionel accepta le cadeau, ne sachant quoi répondre, ému par la démonstration d’amitié de Fedar, à tel point qu’il dut réprimer une envie de lui sauter au cou pour le remercier.
-Ecarte-toi, poursuivit-il. Nous allons nous y rendre d’une façon plus rapide.
Il descendit de son cheval en soupirant et lentement, il changea. Ses bras devinrent ailes, son beau visage se déforma pour devenir la face impassible du dragon. Une longue queue sortit de son dos, et il grandit de quelques toises. Noir, l’œil jaune, le dragon fit signe au jeune Lione,l qui tentait de raisonner son cheval terrifié, de monter sur son dos. Un peu apeuré, mais vouant une confiance aveugle à l’aventurier, Lionel accepta et pris place sur le dos de la créature à la quelle il se cramponna non sans effort. D’un coup d’ailes, le dragon s’éleva dans les airs, et peu à peu pris de l’altitude. D’en haut, Lionel voyait les chaumières des villages et les fermes de la région à des lieues alentours. Le majestueux dragon n’eut aucune peine à s’orienter, et en un jour, ils étaient arrivés à la hauteur d’une montagne qui semblait ne pas avoir de cime. Des nuages noirs et inquiétants semblaient tournoyer autour du python rocheux, menaçants. Fedar le Dragon Noir se posa en douceur dans une prairie inhabitée au pied du mont.
En une minute à peine, une fois Lionel descendu de son dos, l’imposant dragon se métamorphosa en jeune homme. Son visage retrouva sa grâce et ses cheveux bruns coutumiers. Ses traits se firent cléments et aimants. Fedar attrapa la main du Prince qui l’aida à se relever de l’herbe dans laquelle il était assis, verte mais obscurcie par les nuages malfaisants attirés par le mal qui sommeillait dans la montagne. La minute suivante, ils courraient côte à côte pour atteindre la grotte de Maldor le Dévoreur d’Âmes, bien plus haut dans la montagne. Peu à peu, l’herbe qui les entourait se changea en roc parsemé d’herbes folles, le bruit des criquets en grondement du tonnerre.
Haletants, au bout d’une heure de course effrénée, les compères se remirent à la marche, bien que le temps leur manque. Douze heures seulement les séparaient du moment crucial. Arrivés devant l’entrée béante de la tanière de la Bête, Ils jetèrent l’un à l’autre un regard assuré, et entrèrent tête baissée. L’intérieur ressemblait à s’y méprendre à la demeure qu’ils avaient déjà visité, à ceci près que des tonnes de trésoreries et d’objets resplendissants étaient empilés sans grand ordre dans les recoins sombres. D’un souffle, tel un cracheur de Feu, Fedar alluma une torche avec un clin d’œil entendu vers son ami duquel il se savait à présent inséparable. A deux, confiants, ils avancèrent vers le Mal incarné.
Ils trouvèrent Maldor, incroyablement affaibli, dans la salle la plus vaste de la grotte. Fedar trouva une cachette où il dit au Prince d’attendre. Celui-ci se laissa faire, et se cacha à l’endroit indiqué, tandis que le chevalier de Cristabelle s’avançait au devant d’un nouveau combat acharné. A peine Maldor l’eut aperçu que la bataille s’engagea. Dans un déluge de flammes et d’acide, les créatures se livrèrent à nouveau à un affrontement titanesque. Le conflit sembla durer des heures sans qu’aucun des deux ne prenne réellement l’avantage. Néanmoins, ils s’affaiblissaient l’un l’autre, et Lionel sentait son cœur s’emballer à chaque fois que son partenaire prenait un mauvais coup où semblait tout simplement ressentir de la douleur. Soudain, Il entendit le cri, bien humain, de Fedar. Dans une explosion de lumière, le Héros de Cristabelle redevint l’homme qu’il avait l’habitude d’être et s’affaissa lourdement sur le sol. Le Dragon Maldor, affaibli, mais victorieux, regarda la dépouille de son regard démoniaque, tandis que la vie s’en échappait comme les dernières minutes du compte à rebours s’écoulaient. Lionel, impuissant, considéra la scène, tout à coup pris d’une sérénité sans limites. Son être pleurait de la défaite de Fedar, mais ses actes refusaient d’afficher son deuil. Il restait quelques poignées de secondes avant que tout ne soit joué.
Soudain sûr de lui, il sortit de sa cachette, dégaina son arme et avança vers Maldor, sans afficher aucune haine. Celui-ci, ayant baissé sa garde, ignorant qu’un autre adversaire se présentait devant lui, ne remarqua même pas le Prince qui marchait vers lui, inébranlable. Soudain, il le vit, mais il était trop tard. L’épée du Prince, mue par la tristesse de son porteur, s’enfonça dans le poitrail découvert du Dévoreur d’Âmes. En un hurlement monstrueux, celui-ci s’effondra et l’étincelle de malice malsaine qui brulait dans ses yeux s’éteignit à jamais.
Lionel détacha de son cou le médaillon magique, alla soulever Fedar pour la seconde fois dans ses bras, et dans le même état d’apathie qu’il affichait depuis la chute de son ami, le serra dans ses mains et prononça le nom du palais. Le décor changea tout autour de lui. Les murs de lave se muèrent en murs de pierre, les gravats du sol en pavés. Il était de retour dans la chambre de la tour, au plus haut étage du palais de son père. Il fit chercher par une servante sa femme, et lui précisa qu’il voulait qu’elle vienne avec la fée, et qu’elle la dérange si nécessaire. Il était indispensable qu’elle soit là, et Lionel était prêt à tout sacrifier pour voir la vie ressurgir dans les yeux de Fedar de Cristabelle. Il fallait tenter le tout pour le tout.
Quand Constance entra précipitamment suivie de près par le Roi Hérald et sa femme, et accompagnée de la petite fée narquoise prénommée Liselle, Lionel était au bord des larmes. Petit à petit, il se délivrait de l’absence émotionnelle pour plonger dans une peur panique.
Liselle s’approcha et finit par annoncer son diagnostic.
-Il est entre vie et mort, annonça-t-elle. Il a encore une chance de s’en sortir, mais malheureusement Maldor est mort de justesse. Trop. Mais il pourra un jour sortir de son coma, car Maldor est mort à l’instant où la vie s’est échappée du corps du chevalier.
-Quelle est cette unique chance ? s’impatienta Constance.
-Seul un baiser de son amour véritable pourra le sauver.
Constance fondit en larmes.
-Nous ne connaissons aucune femme qui puisse combler ce manque, se lamenta le Roi.
C’est alors que le jour se fit dans l’esprit embrumé du prince Lionel. Cette soudaine fraternité, ces élans de tendresse, cet attachement mutuel… Se pouvait-il que…
Tremblant, espérant dans le fond de son cœur qu’il n’avait pas tort, il s’approcha du lit, se pencha sur le chevalier, et déposa un baiser d’une douceur insoupçonnée sur ses lèvres presque froides. Il resta ainsi quelques secondes, n’osant regarder si Fedar se réveillait, quelle pourrait être sa réaction et n’osant affronter le regard de tous ceux qui se trouvaient derrière lui. C’est alors qu’il sentit les lèvres du chevalier se joindre aux siennes, et retrouver un semblant de chaleur. Dans un silence si pesant qu’il put être palpable, le Chevalier-Dragon se redressa sur le lit et regarda au fond des yeux l’homme qui venait de le sauver, de la façon la plus tendre qui soit. Et son regard n’exprimait que l’amour qu’il vouait au jeune Prince.
Il fallut des années au roi pour s’habituer à la cruelle révélation à laquelle il avait assisté ce jour là.
Mais aimant trop son fils pour l’exiler, et ayant prêté serment à Fedar de toujours lui ouvrir ses portes, quelle que soit la situation, il ne put rien faire pour empêcher cet amour. Constance, quant à elle, réagit d’une façon la plus compréhensive qui soit. D’abord choquée, elle comprit que Lionel et elle ne s’étaient jamais aimés et que ce qui les unissait tenait plus d’une amitié profonde et inébranlable. Sans déclarer le scandale qui aurait brisé le lien diplomatique entre ses parents et beaux parents, elle s’énamoura d’un jeune écuyer du Palais et reconnut en lui l’amour qu’elle attendait depuis longtemps.
Pour ce qu’il est de Fedar de Cristabelle, Fléaux des Dragons et Dragon lui-même, et du Prince Lionel, le Pourfendeur de Démons, les bardes de la contrée chantèrent pendant de nombreux siècles leur légende, n’omettant jamais de conclure leurs chansons de gestes par « Ensemble, unis, Ils vécurent heureux bien qu’ils n’eurent jamais d’enfants… »
Fin
A suivre prochainement: le débat idéologique accompagnant ce texte…
Et Dieu dit: “Ayez un cerveau, mais ne l’utilisez sous aucun prétexte.” Et d’aucun le firent. Le Très Saint se jura alors de ne plus jamais employer le second degré.
ou “Une fois que vous avez tué un jeune, vous devez en faire un hamburger.”
C’est à proprement parler incroyable. Je jettais un coup d’oeil sur ce blog et je tombe sur ça: "Conversion" d’Anne Rice. L’article en lui même n’est pas vraiment choquant à proprement parler, ce sont les commentaires qui me pétrifient littéralement d’effroi, et de dégout. La plupart, bien fournis, dégoulinent d’un argumentaire fanatique, à proprement parler inquiétant, qui explique en quoi l’homosexualité est une abomination (Lévitique, chapitre 18, verset 22, et c’est bien le seul argument concernant ce point. Le verset est seul, et comme c’est un verset, il ne regorge pas d’arguments: c’est comme ça et c’est tout. Point.) et en quoi cette femme est une pécheresse pour aimer son fils tel qu’il est.
Je fus chrétien, jadis.
Mais voir que la majorité des commentaires sont hostiles, ça me dégoûte encore plus. Comment croire en un Eglise qui prône l’amour de son prochain et qui condamne l’amour de son prochain? Comment croire en une église qui n’est pas cohérente?
Voilà donc les propos, allant du plus extrémiste au plus tolérant (ce à quoi, une fois n’est pas coutume, j’ajouterais bien LOL en grosses lettres lumineuses.)
- L’homosexualité est une abomination. Les homosexuels ne méritent pas de vivre.
- L’homosexualité est un péché. Il faut aider les homosexuels pour qu’ils retrouvent la voie de Dieu par la conversion.
- L’homosexualité est un péché. On ne soigne pas les malades hors de l’hôpital, on ne soignera pas les homosexuels en les rejetant de l’Eglise.
Jamais une réaction n’a dit “aimons les comme on aime nos autres prochains” ou “au moins, ils n’embêtent personne” ou “Ils appliquent la parole de Dieu en s’aimant les uns les autres”.
Non, non et non. L’homosexuel doit se repentir, c’est écrit dans le Lévitique, au verset 22. Aucun n’a réfléchi plus loin que cette phrase. C’est un site internet, on n’y trouve pas les commentaires des petites vieilles qui vivent dans leur temps. Non, on y trouve des personnes de générations jugées plus “tolérantes”. Heureusement, ceux-ci ne se sont pas écartés de la voie de Dieu en devenant tolérants.
Je me fais progressivement à l’idée: l’église est une secte, et je comprends parfaitement Anne Rice pour l’avoir fuie.
Son cas est encore plus parlant. Aucun ne comprend qu’elle ait choisi son fils plutôt que l’église. Je ne souhaite pas qu’un de leurs enfants soit homosexuel. Il serait lapidé en moins de deux, et au mieux il se suicide de lui même avant.
Car rappellons-le, l’homosexualité dans un environnement hostile est une forte cause de suicide chez les jeunes. Traitez un adolescent de monstre (sa propre famille, son église, ce en quoi il se fie) et il réagira en conséquence.
Eh bien Chrétiens, priez pour notre conversion. Merci monsieur, merci madame. Tuez de ce fait des jeunes qui ont confiance en vous. Une fois que vous les aurez tués, faites-en des hamburgers.
Aimer quelqu’un, c’est mal. Merci la Bible.
Je joins à ce coup de gueule une réponse très bien argumentée, qui mériterait de ne pas être anonyme, cependant, je n’ai pas pu trouver le nom de “l’auditeur”.
Récemment, une célèbre animatrice radio des Etats-Unis fit remarquer que l’homosexualité était une perversion : "C’est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination". "La Bible le dit. Un point c’est tout.", affirma-t-elle.
Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte qui disait :
"Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu. J’apprends beaucoup à l’écoute de votre programme et j’essaie d’en faire profiter tout le monde. Mais j’aurais besoin de conseils quant à d’autres lois bibliques.
Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c’est indiqué dans le livre de l’Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?
Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu’ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains, mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m’éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?
Je sais que je ne suis autorisé à toucher aucune femme durant sa période menstruelle, comme l’ordonne le Lévitique, chapitre 18, verset 19. Comment puis-je savoir si elles le sont ou non ? J’ai essayé de le leur demander, mais de nombreuses femmes sont réservées ou se sentent offensées.
J’ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L’Exode, chapitre 35, verset 2, dit clairement qu’il doit être condamné à mort. Je suis obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d’une quelconque manière ?
Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu’on ne peut approcher de l’autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J’ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?
Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différente dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d’aller jusqu’au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d’une réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu’il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14 ?
Je me confie pleinement à votre aide. Merci de nous rappeler que la parole de Dieu est éternelle et immuable. Un point c’est tout."
Tango Miroir
« Tu sais papa,c’est ça qu’ est formidable, je suis pas obligé de choisir »
À propos du film « L’homme de sa vie »
de Philippe Godeau (2007)
Ce film est doublement frappant. D’une part parce qu’il est l’occasion d’une magnifique réflexion sur la vie et les normes, mais aussi car il sait illustrer d’une façon lyrique et imagée les thèses les plus abstraites qu’il avance, par la mise en scène et les dialogues.
Mais je ne suis pas là pour vous en faire le synopsis que vous trouverez, j’en suis certain, sur Internet. De toutes les scènes qui m’ont frappées, une en particulier a retenu mon attention. De la discussion sur la vie et l’amour qui est parsemée tout au long du film, une partie est particulièrement fluide et est illustrée à merveille.
C’est lorsqu’Hugo, personnage homosexuel, explique à son interlocuteur comment il a été mis à la porte par son père homophobe. Bien sûr, son discours est chargé de l’amertume de celui qui n’a jamais réussi à pardonner son père. Jusqu’à ce qu’il prononce cette phrase: « Tu sais, Papa, c’est ça qu’est formidable, je suis pas obligé de choisir. » S’en suit une interlude, que je surnomme le « tango miroir », n’ayant pas trouvé de meilleure façon de l’exprimer.
Un peu plus tôt dans le film, les deux personnages observent un tango lors d’une fête de mariage. Tous les convives s’effacent et la suite de la conversation se poursuit alors que les deux danseurs sont figés dans le temps, les deux interlocuteurs parlant de chaque côté du couple, essayant de démontrer par ce qu’ils voient, un peu comme sur une photo, leur thèse respective à propos de l’amour.
Le Tango Miroir intervient un peu plus tard, après l’explication d’Hugo, pour illustrer la phrase que je viens à peine de citer. Il s’agit de deux hommes qui dansent sur cette même piste, sur un tango au rythme langoureux. Si on observe les pas, ils ne sont pas symétriques, mais le meneur change en permanence, les rôles se confondent. C’est à la fois similaire au Tango et complètement différent. Les mouvements employés sont certes les mêmes, mais l’esprit est tout autre. Il s’agit d’une sorte de fusion, de symbiose entre les deux partenaires. Les deux danseurs sont parfaitement indifférenciés.
En clair : les rôles sont redistribués, de façon symétrique, sans pour autant les faire disparaître. Et c’est ceci qui s’adapte à la vie amoureuse. Bien que le même esprit puisse être reproduit chez un couple hétérosexuel, la tradition, les mœurs, les normes veulent une hiérarchisation des rôles. Il n’y a pas de tradition homosexuelle, et c’est cela que montre Godeau. Les homos ont tendance à être plus libres de leur mode de vie car ils ne ressentent pas la pression d’une tradition quelconque.
La danse, au final, semble plus spontanée, plus harmonieuse.
Mais peut-elle continuer longtemps sans règles à suivre ?
Diriger, ouvertement!
(Selon
Out at The Top
by William Lee Adams, TIME January 18, 2010)
On tendance à trop vanter la tolérance des États Unis concernant maints sujets. Mais c’est parfois inapproprié. Ce n’est pas nouveau : il y a une communauté chrétienne conservatrice aux États Unis qui n’est pas une part négligeable de la population.
Les statistiques sont effrayantes, d’ailleurs. On aura beau penser ce que l’on veut à propos de la France, mais elle compte quand même 83% de personnes acceptant l’homosexualité, et tout le reste la rejetant. (Dommage que mon père fasse partie des 17% restants. Mais passons.)
C’est la Suède qui couronne le sondage, avec 86% d’acceptants. Loin, très loin derrière, viennent les États Unis avec seulement 49% de personnes acceptant les adeptes de l’amour interdit. En bas du classement, le Nigeria ne compte que 2% de ces âmes généreuses.
Mais globalement, les pays les plus tolérants se trouvent tous en Europe. Dans l’ordre du sondage figurent la Suède, la France, l’Espagne, l’Allemagne et enfin le Royaume Uni, avec plus de 71% de « tolérants ».
D’ailleurs, c’est une tendance que l’on retrouve dans un cadre assez peu abordé: celui de la politique. Je ne parle même pas ici des décisions nationales de l’Espagne, de la Belgique, du Danemark,et autres pays Européen (dix-huit au total) d’autoriser le mariage gay, fait largement abordé par les médias.
Je parle des politiciens en eux mêmes. C’est en Europe que l’on trouve le plus de politiciens ouvertement gays. Et ceci a des conséquences assez inattendues, si vous voulez tout savoir.
Les faits qui ont inspiré l’article d’où je tire ces informations commencent avec l’élection de Johanna Sigurdardottir à la fonction de premier ministre de l’Islande. L’information a fait le tour du monde: « L’Islande élit le premier chef d’état homosexuel ». Le tour du monde, mais en contournant soigneusement l’Islande.
En effet, personne, en Islande, n’a eu l’idée d’en parler dans les médias. Pour ceux-ci, il s’agissait d’un reflet de l’opinion publique: tout le monde s’en fichait. « Personne ne s’intéressait à son orientation sexuelle », a alors expliqué Margret Bjornsdottir, directrice de l’institut pour l’administration publique à l’université d’Islande. « Être homo n’est pas un problème ici. Ce n’est pas pertinent. »
Et c’est là qu’on s’intéresse à la question. En Angleterre, onze députés sont ouvertement homosexuels au sein du parlement, et Ben Bradshaw, le Secrétaire d’État pour la Culture, les Médias et les Sports, assume lui aussi publiquement son orientation sexuelle. On pourra évoquer, pour la France – entre autres – Frédéric Mitterrand, à présent ministre de la Culture, et Bertrand Delanoë, maire de Paris.
Mais les gays n’occupent pas seulement des postes liés à la culture (petit clin d’oeil à un stéréotype pas si infondé que ça…). En Allemagne, on peut citer Guido Westerwelle, le ministre des affaires étrangères et porte-parole du parti démocrate, et les maires d’Hambourg et de Berlin, les deux villes les plus étendues et les plus importantes du pays. Et ce n’est qu’un petit échantillon.
Aux États Unis, on en est bien loin. On a même régressé depuis Harvey Milk. En Californie, on en vient même à révoquer le mariage gay, pourtant il s’agit de l’état qui comprend le plus d’homosexuels outre-atlantique. Même l’argentine l’autorise. Cité dans l’article de Time, on ne trouve qu’un seul politicien ouvertement gay, dont l’orientation sexuelle sert souvent à ses opposants qui l’accusent de mille maux infondés. Ainsi, ils lanceront des rumeurs comme quoi il voudrait mettre des « livres gays » au programme scolaire, ou comme quoi son partenaire aurait le SIDA, ce qui change évidemment toutes ses aspirations politiques.
À vrai dire, c’est le seul évoqué dans Time à qui l’orientation sexuelle aie fait des mauvais coups.
Du côté Européen, ce n’est pas le cas, et c’est même le contraire. C’est d’ailleurs ce phénomène social, un tantinet paradoxal, qui m’a frappé dans l’article. Voyez, et c’est là tout le paradoxe, les hommes politiques (ou femmes, d’ailleurs) qui s’assument au pouvoir sont jugés par la population comme étant « plus honnêtes », du fait de leur confession faite au public, et ceci les rend plus populaires.
Vous ne voyez pas le paradoxe?
Voilà, donc: en Europe, on trouve les pays qui acceptent le plus l’homosexualité. Mais le fait que ces confessions soient vues comme une preuve d’honnêteté alors que ces détails ne concernent en rien l’orientation politique des intéressés prouve que c’est encore un tabou, en dépit des apparences. Si l’homosexualité était vraiment « normale », un peu à la manière dont l’Islande a traité l’affaire – ou plutôt n’a pas traité l’affaire – alors l’information aurait été aussi anodine que la paternité d’un sénateur. Mais ici, on fait quand même une différence, même si elle est positive.
Et ce n’est pas tout. Les homosexuels ont été dé-stigmatisés avec le temps, grâce à des associations et des actions collectives pour diffuser des images de gays authentiques et briser les idées reçues. Aussi, comme en Angleterre sous Margaret Thatcher, l’image des homosexuels donnés par les représentants était si mauvaise ( les relations homosexuelles étant définies par ladite Margaret comme étant des « imitations de foyer familial » )qu’elle a poussé beaucoup à s’assumer pour faire valoir leurs droits. La politique a alors été forcée à s’adapter.
D’ailleurs, Bradshaw a été largement choisi, sans doute en partie pour les horreurs qu’avait racontées son opposant sur l’homosexualité pour le décrédibiliser. « Il a essayé d’utiliser mon homosexualité comme une arme contre moi et tout lui a explosé à la figure », affirme Bradshaw. « Cette élection a été un renversement complet de notre politique. Depuis, nous vivons dans un monde nouveau. »
En Allemagne, les tentatives pour utiliser la sexualité d’un concurrent en politique se sont révélées tout aussi inutiles, et desservent même leurs instigateurs.
Un autre phénomène rentre en compte dans la confiance croissante qu’on voue aux homosexuels « politiques ». Un classement s’effectue entre les minorités et les communautés qui se forment dans un pays. Ainsi, dans les pays soumis à une forte immigration, « les minorités sexuelles sont perçues comme étant moins dangereuses et plus respectables car elles connaissent les notions d’identité nationale » explique Rayside de l’université de Toronto.
Un petit exemple cité dans Time: aux pays bas, 27% approuveraient un premier ministre musulman, alors que 78% approuveraient un homosexuel à cette même fonction.
La bataille fait encore rage pour beaucoup: devraient-il s’assumer publiquement, ou continuer à « se cacher dans le placard »?
Pour ma part, je trouve que tout ceci ne devrait pas rentrer en ligne de compte. Homosexuel ou pas, s’il faut dévoiler sa vie privée – intime – pour faire carrière en politique, ou va-t-on ?
Des gays dans l’armée
(à propos de
Brief History
Gays in the Military
TIME February 15, 2010)
C’est de notoriété publique. De tous temps, certains membres de l’armée n’ont jamais pu s’épanouir pleinement en exerçant leur profession. Devinez lesquels.
Excusez-moi, je nuance ce que je viens de dire. De tous temps, depuis la fin de l’antiquité. En effet, Platon affirmait qu’une armée encourageant l’homosexualité serait invincible, car « L’amour transformerait le plus lâche des hommes en un héros motivé ». Et ça se comprend. À une époque ou l’homosexualité était plutôt courante, on considérait – et sans doute à raison – qu’un soldat amoureux se démenait au combat pour protéger son partenaire lorsque celui-ci se trouvait à ses côtés.
On va dire que cet enthousiasme s’est vite perdu. La tendance inverse s’est même ancrée dans les sociétés humaines au fil des siècles. Au XIVème siècle, les templiers étaient brûlés vifs pour des actes homosexuels. Durant les guerres Napoléoniennes, on pendait les hommes qui avaient des rapports sexuels « déviants ». En 1778, le général George Washington a relevé un soldat américain de ses fonctions pour les mêmes raisons. Et ce ne sont que de menus exemples.
Mais ça ne s’arrête pas là. On pourra se dire « C’était il y a longtemps, les mentalités ont évolué ». Méfiez-vous. Continuons chronologiquement.
En 1916, les États Unis interdisent officiellement l’homosexualité dans l’armée, par une mention écrite noir sur blanc dans les lois militaires.
D’ailleurs, pendant la guerre du Vietnam, certains y trouvent une aubaine : ils adoptent un comportement efféminé et tentent de se faire passer pour des disciples de l’amour interdit afin d’éviter le front.
Ce qui n’a pas empêché Perry Watkins, qui s’affirmait homosexuel, d’être mobilisé en 1968 et de servir l’armée pendant seize ans. Comme quoi, c’est quand ça les arrange. Surtout lorsqu’on sait qu’il a été relevé de ses fonctions un peu plus tard. Devinez pourquoi.
On continue.
En 1993, (ça fait dix-sept ans, rendez-vous compte), on franchit un énorme pas dans la tolérance. C’est ce qui sera surnommé le « Don’t ask, don’t tell », littéralement, « Ne demandez pas, et ne le dites pas ». Super. Pour résumer la situation, les homos ont enfin le droit de servir dans l’armée américaine, sous réserve de se prétendre hétérosexuel, et de vivre caché. Oh, bien sûr, cette décision a été largement critiquée par les représentants militaires et l’opinion publique; c’est pourquoi la tentative de Bill Clinton pour supprimer cette clause a été soldée par une loi leur permettant de faire comme avant : se cacher – mais légalement, cette fois. 1993. Je vous jure.
Cependant, depuis 1994, plus de 12 000 soldats se sont faits renvoyer pour cause d’homosexualité: les enquêtes au sein même de l’armée ont toujours lieu pour les démasquer. Vive la tolérance.
Allez comprendre.
Revenons un instant en Europe. Figurez-vous que les homosexuels n’ont le droit de s’engager dans l’armée britannique que depuis l’an 2000.
À force de vanter la tolérance du monde actuel vis à vis de l’homosexualité, on a tendance à en oublier qu’on représente la première génération à en bénéficier.
Et encore.
Le « Don’t tell, don’t ask » est encore en vigueur aux Etats Unis, et ce n’est que le 2 Février que le congrès a rouvert le débat, après dix-sept ans de silence sur le sujet, rompu par la promesse de Barack Obama de « lever enfin le tabou ».
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi, c’est tellement récent que ça m’en donne des frissons. Et encore, on n’a même pas évoqué l’ambiance qui règne dans l’armée vis à vis des homos.
Un gay épanoui dans l’armée, en définitive, c’est encore du jamais vu, et ça risque de l’être encore un petit bout de temps.
La Proie de la Magie–éditions Milady
Vous ne rêvez pas. C’est bien ce qui m’a intrigué, dès le tout début. Ce roman de Mercedes Lackey, qui s’inscrit dans le célèbre cycle des Hérauts de Valdemar, possède – chez Milady – une couverture bien ambiguë. Il aura fallu attendre les vacances pour que je trouve le temps de le lire enfin.
Pour ce que j’ai lu jusqu’à présent, jamais je n’avais rencontré une romance de ce type dans un roman fantastique. Alors que j’avais difficilement accroché sur “Les Flèches de la Reine”, un autre roman du cycle, ce livre m’a impressionné et je le lis sans aucune réticence. Le fait d’avoir inséré un amour “shaya’chern”, comme l’exprime l’auteur, qui occupe le premier plan de l’intrigue renouvèle agréablement le genre.
Nous avons ici une sorte de version gay de Twilight, à quelques différences: la situation temporelle n’est pas contemporaine, il s’agit bien d’heroic fantasy. L’auteur, comme on peut le comprendre, n’était ni mormone, ni extrémiste (sinon, elle n’aurait jamais imaginé l’amour du jeune Vanyel et de son ami – et plus – Tylendel). Ses personnages sont humains, et ils se calquent parfaitement (bien que l’époque moyenâgeuse pût réclamer des mœurs dignes de Twilight) sur des caractères contemporains. De plus, je me complais à croire que ce mélange – inhabituel et donc imprévisible – relève le manque de suspense de Twilight.
En un mot, Mercedes Lackey a su incorporer aux Hérauts de Valdemar une situation qui ressemble fort à ce que l’on pourrait trouver au coin de la rue. La première moitié du roman est presque entièrement consacrée à cette romance, et à ses répercutions parfois un peu trop proches (malheureusement) de la réalité. L’ambiance pour le moins inhabituelle que lui a conférée l’auteur, celle de son cycle phare, sait dépayser le lecteur.
Mon commentaire à présent, mises à part toutes questions de forme, de style ou même de fond. Ce livre, destiné au grand public, marque le début de la… fin du tabou. Ce livre, au delà de son intrigue fantastique et de son intrigue amoureuse, a introduit ce thème dans un domaine ou il était interdit, voire prohibé. Savoir traiter le sujet sans le mettre à part le rend moins anormal.
Alors pour ma part, je tirerais ma révérence l’honneur de cette prouesse, en adressant à M. Lackey un grand merci. Ce roman et ses successeurs, dans la lignée de Brokeback Mountain par leur caractère grand-public, sont autant de coups portés dans la lutte contre l’homophobie.
Pour ma part, j’aime beaucoup!
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